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Le plus vieux livre de cuisine connu vient de l’Antiquité latine. Il s’intitule «De re Coquinaria». L' auteur est le plus célèbre gastronome romain, né en 25 avant J.-C. Il se nomme Marcus Gavius Apicius. Trois personnages de la même famille portèrent le nom d’Apicius. Tous furent célèbres pour leur gourmandise. L'auteur du livre de recettes est Apicius le second. Il fut le cuisinier officiel de l’Empereur Tibère (14 à 37 après J.-C.). TRUIES, FIGUES ET MIEL L’œuvre originale de Gavius Apicius est malheureusement perdue. Sa science fut par contre utilisée pour les siècles à venir. Le livre est composé de quatre cent soixante-huit (468) recettes différentes. Et 95% des recettes romaines connues aujourd’hui viennent de ce livre. Apicius écrivit deux livres. Le premier était un livre de recettes générales. Le second se spécialisait dans les sauces.
LES CHAMEAUX ET LES FLAMANTS On dit que Gavius Apicius faisait engraisser le foie des truies avec des figues sèches et leur donnait du vin miellé. Puis, il les tuait par surprise. Les mets préférés du gastronome Apicius étaient le talon de chameau et la langue de flamant. LA BONNE CHÈRE ... ET LA BONNE CHAIR Le célèbre cuisinier Gavius Apicius disait « qu’on ne peut rien concevoir d’agréable si on ne cherche les plaisirs de la table et du lit. » Apicius aimait les hommes. Il avait malheureusement les mêmes goûts pour les hommes que son maître l’Empereur Tibère. Et, oh malheur, l'empereur lui vola son favori, un dénommé Séjean. Apicius prit donc comme nouvel ami Drusus. Ce n'était nul autre que le propre fils de l’Empereur. Criminel et jaloux, Séjean (le premier petit ami d'Apicus, vous vous souvenez ?) fit empoisonner Drusus, le fils de l’Empreur. Voici pour les histoires personnelles de l'illustre auteur Apicius. DES SOMMES ASTRONOMIQUES Mais revenons aux plaisirs de la table. Apicius dépensait une somme astronomique pour chacune de ses orgies. En fait, il dépensait tout le revenu du Capitole. Il dépensa pour sa cuisine 100 millions de sesterces. Ceci représente environ 4 millions d'euros ou 6 millions de dollars canadiens. LA FAIM AU VENTRE Un beau jour, Apicius se trouva accablé de dettes. Pour la première fois de sa vie, il décida de faire le compte de sa fortune. Comble de malheur ! Il ne restait que 10 millions de sesterces. Ce qui équivaut de nos jours à environ 600 000 $ canadiens. Mais sa "maigrelette" fortune le désespéra. Il ne pourrait jamais satisfaire son appétit vorace. Il s’imagina qu’il devrait vivre le reste de ses jours dans les tourments de la faim au ventre. Il s’empoisonna.
MÉPRIS ET INDIGNATION La description que l’on fait de Gavius Apicius de son temps n’est guère élogieuse. Pline (écrivain et naturaliste romain) en parle avec mépris et indignation. Il le considère comme le plus vorace de tous les débauchés. Sénèque a écrit qu’« il a professé l’art de la bonne chère et il a infecté le siècle de sa science. » Sénèque écrivit à sa mère au sujet de ses contemporains : « Ils vomissent pour manger et mangent pour vomir et ne daignent même pas digérer ces festins qui ont mis à contribution la terre entière. » Ce type de mode de vie n’appartient qu’à une certaine classe de riches romains. Jamais à la population en générale. UNE RECETTE SALÉE Pour digérer ces histoires quelque peu "salées", voici une recette de Gavius Apicius tirée de son livre « De re Coquinaria » : le sel aux épices. Ce sel était autant un aromate qu'un médicament. Il avait les propriétés : - d'aider la digestion (quelle bonne idée !) LE SEL AUX ÉPICES * Une livre de sel ordinaire grillé Vous désirez cuisiner un repas type « romain » ce soir ? Vous aurez besoin d'un anti-acide (ou d'aller marcher avec le chien pendant deux heures après le repas). Essayez ce sel aux épices. Paraît-il que ça aide la digestion ! Sources :
Pour en savoir plus sur la cuisine romaine.
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